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Greffes de cheveux chez les patients Afro-Américains


virtual clinicIntroduction

La diversification des techniques de greffes de cheveux permet d’apporter une solution esthétique définitive pour la plupart des dégarnissements pilaires et capillaires chez les patients afro-américains.Les indications prennent en compte de nombreux paramètres du dégarnissement (étiologie, localisation, étendue ou évolutivité) et des particularités du patient (âge, sexe, origine ethnique, motivation personnelle), concernant essentiellement le cuir chevelu, plus rarement la barbe, la moustache, les sourcils, les poils pubiens et les cils.

La technique de microgreffes la plus courante par segmentation d’unités folliculaires sous microscope (FUS) permet d’obtenir, après rasage préalable, un aspect naturel grâce à une implantation fine de un à trois cheveux et à l’implantation de 1000 à 2000 cheveux en une séance.La technique des microgreffes ou unités folliculaires à cheveux longs (FUL) ou les cheveux n’ont pas été préalablement rasés, permet la visualisation immédiate du résultat. Elle permet au praticien de mieux effectuer l’acte chirurgical dans le choix et l’orientation des microgreffes et au patient de mieux imaginer son résultat futur.

La technique de prélèvement par extraction folliculaire (FUE), où le rasage est indispensable, a chez les patients afro-américains des indications plus limitées du fait de l’incurvation des racines. Les suites opératoires simples sont suivies d’une repousse définitive des cheveux. La combinaison d’une correction chirurgicale et de traitements médicaux anti-chutes (minoxidil et finasteride) améliore encore le résultat et les suites post-opératoires des transplantations de microgreffes capillaires.

Mots-clés : microgreffes cheveux, poils, FUE, unités folliculaires à cheveux longs (FUL), Afro-américains

Key words : Hair micrograft, vellus, FUE, Follicular Unit Long hair (FUL), Afro-americans

La transplantation capillaire permet d’apporter, chez les patients afro-américains, une solution esthétique et définitive à la plupart des dégarnissements capillaires chez les patients afro-américains. Les principaux motifs de traitement sont les alopécies androgénétiques chez l’homme et chez la femme, les dégarnissements définitifs secondaires à une alopécie de traction (1, 2).

I- La greffe de cheveux

Les transplantations capillaires utilisent de petits fragments de cuir chevelu de type microgreffes (ou unités folliculaires) de 1 à 3 cheveux par greffe. L’implantation de 1 000 à 2 000 cheveux par séance, dont la durée varie de 2 à 5 heures, assure la finition d’une ligne pilaire ou la densification d’une surface chauve plus ou moins étendue (1).

Il est nécessaire de pratiquer un bilan médical pré-opératoire, une prémédication par tranquillisant et une anesthésie locale (par crèmes anesthésiantes et infiltrations tronculaires). L’intervention est indolore et les suites opératoires, simples, permettent au patient de repartir 2 heures après l’intervention et de reprendre son activité professionnelle dès le lendemain.

II- Mesure des capacités de la zone donneuse de microgreffes

A l’heure actuelle une caméra automatique digitalisée permet l’analyse des paramètres de croissance du cheveu tels que : densité, calibre, vitesse de croissance, pourcentage entre les cheveux miniaturisés et les cheveux normaux.

Cette technique permet pour chaque patient de suivre l’évolution de sa chute, spontanément ou sous traitement, de mesurer les capacités de la zone donneuse de microgreffes, de constater la qualité de la repousse des cheveux transplantés (3).

III- La technique de greffes conventionnelle : segmentation d’unités folliculaires (fus)

Les cheveux, prélevés dans une région épargnée par le phénomène alopéciant (couronne chez l’homme ou région occipitale médiane chez la femme) conservent leur capacité de croissance après implantation pendant toute la vie de l’individu.

Ce procédé (1), basé sur l’implantation de greffes de 1 à 3 cheveux, cherche a recréer l’émergence naturelle de 2 à 3 cheveux à travers chaque orifice pilo-sébacé et évite l’aspect inesthétique en « cheveux de poupée ».

  • Zone donneuse-préparation des greffes

Après rasage préalable, une bandelette de cuir chevelu est prélevée (sa taille, comprise entre 10 et 25 cm, dépend directement du nombre de microgreffes souhaitées), puis la zone donneuse est refermée par sutures ou agrafes. La cicatrice sera très fine, linéaire, horizontale et quasiment inapparente grâce parfois à la fermeture trichophytique  qui consiste à desépidermiser le bord inférieur de l’excision occipitale. Un prélèvement en pleine zone donneuse médio-occipitale permet d’éviter une cicatrice hypertrophique ou chéloïde. La bandelette de cuir chevelu est découpée minutieusement en petits fragments de 1 à 3 cheveux (microgreffes ou unités folliculaires) sous stéréomicroscope afin de respecter l’intégralité des cheveux prélevés.

  • Zone receveuse

Les progrès des techniques d’implantation visent à recréer un aspect esthétique naturel et impliquent.

-un dessin arrondi de la ligne frontale chez les patients afro-américains

-un dessin plus rectiligne chez la femme en associant une reconstruction fronto-temporale

  • une implantation fine sur la zone chauve avec aiguilles et pinces de microchirurgie permettant le choix des axes d’émergence, des orientations, des obliquités ;
  • une réalisation volontairement fine et irrégulière « cheveu par cheveu » de la ligne frontale antérieure ;
  • une implantation de 1 000 à 2 000 cheveux par séance;
  • une répartition homogène de ces multiples microgreffes et unités folliculaires ;
  • des suites opératoires simples avec shampooing et reprise professionnelle 1 à 2 jours après. Les cheveux implantés peuvent tomber vers le 15èmejour et repoussent définitivement entre le 5ème et le 6ème

IV- La technique de Microgreffes à cheveux longs (technique du Dr Bouhanna) : unités follicualires à cheveux longs (FUL) :

Depuis quelques années, nous avons décrit la technique de microgreffes et unités folliculaires à cheveux longs. Le cheveu des microgreffes n’a pas été préalablement rasé et le déroulement technique est le même que celui décrit ci-dessus.

Ses avantages sont :

Pour le patient :

Le « wait and see » a été remplacé par le « see and wait ».

  • Ilvoit immédiatement le résultat bien que tout ou partie de ces cheveux peuvent tomber dans les 2 à 3 semaines qui suivent. A noter, l’effet favorable dans ce cas du minoxidil lotion et/ou du finasteride en comprimés .
  • La zone donneuse de microgreffes n’estpas rasée.
  • Les petites croûtes qui persistent 10 à 12 jours sontcachées par les cheveux longs. De ce fait, le patient peut reprendre très vite son activité professionnelle.
  • Pour le praticienlors de l’implantation de microgreffes à cheveux longs (FUL), permet
  • Une meilleureévaluation de l’orientation et de l’angle des cheveux
  • Un meilleur choix en particulier au niveau de la ligne frontale antérieure, descheveux fins ou épais, noirs ou blancs
  • Une grande quantité de cheveux peut être implantée à chaque séance.

Fait important :

Le prélèvement à l’arrière du cuir chevelu d’une bandelette laisse le plus souvent une cicatrice fine, quasiment invisible. Néanmoins, si le patient souhaite raser son cuir chevelu, cette cicatrice fine peut complètement disparaître grâce à l’implantation de quelques FUE.

V- L’Extraction d’Unités Folliculaires (FUE)

Le cuir chevelu de la zone occipitale est préalablement rasé. L’Extraction d’Unités Folliculaires (FUE) est une technique qui consiste à prélever et extraire des Unités Folliculaires intactes directement dans la zone donneuse à l’aide de micropunches de 1 mm insérés à 4 à 5 mm de profondeur ; cette unité tenue par l’épiderme est ensuite « extraite » tout doucement du tissu environnant.

Cette technique permet l’implantation d’environ 500 à 1000 cheveux par séance.

Les FUE peuvent cependant être préconisées chez les patients :

– qui veulent corriger t oute cicatrice préexistante,
– qui présentent peu ou p as de souplesse du cuir chevelu,
– qui se rasent le cuir chevelu,
– qui souhaitent une petite séance,
– ou qui ne s ont pas susceptibles d’évoluer vers une grande calvitie
– chez les patients afro-américains du fait de la courbure des racines, le prélèvement est plus aléatoire et justifie donc un test préalable de FUE.

VI- Techniques annexes

– Greffes cylindriques de 2 mm prélevées par un moteur électrique au niveau de la région occipitale. Cette technique ancienne peut être préconisée dans de rares indications.
– Les implantateurs automatiques de Markmann ou de Rassmann sont actuellement abandonnés.
– Les machines automatiques (calvitron, omnigraft, neograft) mises au point il y a une quinzaine d’années restent néanmoins de diffusion limitée.
– La stimulation de la croissance des cheveux « miniaturisés » présents dans les alopécies androgénétiques masculines et féminines pourrait être obtenue avec un certain type de laser (He-Ne). Il en est de même d’une nouvelle molécule à base d’acide hyaluronique injectée selon un système indolore par mésothérapie. Ces deux procédés sont actuellement à l’étude.

VII- Les indications des greffes chez l’homme

– L’alopécie androgénétique masculine (AAGM)

Le dégarnissement se fait selon une topographie et une évolution particulière. Les mesures seront faites selon la classification dynamique plurifactorielle de Bouhanna (3) qui prend en compte de multiples paramètres tels que l’étendue des surfaces chauves et chevelues par rapport à certains repères fixes du visage, l’élasticité et l’épaisseur du cuir chevelu, le pouvoir couvrant des cheveux selon la densité, le calibre, la forme, la longueur, la vitesse de pousse et la couleur . Divers stades sont ainsi définis :

le stade I (accentuation des golfes fronto-temporaux avec apparition éventuelle d’une tonsure au niveau du vertex), le stade II (recul de la ligne frontale jusqu’au sommet du crâne, éventuellement associé à une tonsure) et le stade III (calvitie dite « hippocratique » où les cheveux ne persistent que sur une couronne au niveau des tempes et de la nuque)

La correction chirurgicale de l’AAGM implique une transplantation de microgreffes, adaptée aux stades décrits plus haut :

-pour le stade I, implantation de 1 000 cheveux en 1 à 2 séances (l’implantation de 2 000 cheveux est parfois nécessaire lors du traitement associé de la tonsure).

-pour le stade II, implantation de 2 000 cheveux en 1 à 2 séances (jusqu’à 4 000 cheveux lors de tonsure associées).

-pour le stade III, jusqu’à 5 000 cheveux implantés, en 2 à 3 séances

 L’implantation par microgreffes peut être associée à la prise d’un traitement anti-chute local (minoxidil à 5 %) et/ou général (finastéride à 1 mg, per os), ayant pour but d’atténuer la chute des cheveux résiduels persistants entre les greffes, de diminuer la chute transitoire des cheveux greffés et d’accélérer la repousse des cheveux greffés et non greffés .

VIII- Les indications des greffes chez la femme

L’alopécie androgénétique féminine (AAGF) : le degré de dégarnissement d’une AAGF peut être estimé à l’aide d’une classification statique de Ludwig ou évalué plus précisément grâce à la classification dynamique plurifactorielle de Bouhanna. La classification de Ludwig définit trois stades évolutifs : stade I (dégarnissement modéré sur le haut de la tête, respectant la ligne frontale), stade II (alopécie franche avec cheveux courts, située 1 cm en arrière du front) et stade III (alopécie presque totale, avec conservation d’une mince bande de cheveux au niveau du front) .

  • Chez la femme jeune, dès l’âge de 18 ans, un éclaircissement des régions médianes frontales et du vertex peut justifier une transplantation de microgreffes associée à la prise éventuelle d’œstroprogestatifs et l’application locale de minoxidil à 2% .
  • Lors d’AAGF chez la femme ménopausée, on peut préconiser l’implantation de microgreffes associée à l’application du minoxidil à 2 % et la prise éventuelle d’un traitement hormonal substitutif en l’absence de contre-indication (1 séance suffit le plus souvent, 2 à 3 séances peuvent être nécessaires lors de stade III) (8).
  • Chez les transsexuels, il faut combler les golfes frontaux et donner une ligne frontale chevelue fine et de type féminin.
  • Les alopécies de traction définitives : les tractions répétées (brushings, défrisage, tresses, postiches etc), chez les patientes d’origine afro-américaine  peuvent induire une alopécie définitive de la région fronto-temporale . Avant d’envisager une greffe, il faut vérifier l’absence de repousse malgré l’application de minoxidil 2%, l’arrêt des tractions pendant au moins 6 mois et l’application de produits graissant des tiges (karité, phytospecific, etc.)
  • L’alopécie du peigne chauffant(syndrome de dégénérescence folliculaire) est provoquée par l’association du pétrole chaud et d’un peigne chauffant ou d’un fer à friser. Sa localisation préférentielle est le vertex. La greffe de cheveux peut être une bonne indication.

Conclusion

La transplantation de greffes capillaires selon différents nouveaux procédés (FUS), FUE, FUL) vient compléter utilement chez les patients afro-américains l’effet favorable de l’arrêt des tractions, de l’efficacité de certains médicaments (minoxidil) et produits graissants des tiges capillaires. Il est ainsi possible de corriger définitivement la plupart des alopécies.